Actus

29/10/2011

Dimanche d'Octobre....à Millau

posté à 23h46

MILLAU Premier réveil, 3h30’, pour un petit déjeuner à la lampe frontale dans ma chambre d’hôtel pour ne pas déranger. J’ai très peu dormi, rien de bien surprenant tant je suis impatient d’aller sur la ligne de départ.
Second réveil, le bon celui-là, 45’ avant l’heure fatidique, soit à 5h30’. Ca y est, on touche au but. Je suis serein, peu gagné par le stress pour une fois. A 6 heures, les copains du Team, Gilles (Guichard), Sylvain (Court) et Romuald (De Paepe) toquent à ma porte pour que nous descendions tranquillement au départ. La longue file des plus de deux milles coureurs s’est déjà installée derrière l’arche Adidas, au son de la voie de Michel Hortala, la voie « officielle » des Templiers.
6h05’, on trottine devant le sas, en saluant et serrant quelques mains. Les coureurs « favoris » sont tous là, échange de quelques mots par ci, par là, sourire, clin d’œil, l’ambiance est très bonne au sein de l’élite.
Une petite vidéo ici, quelques phrases au micro pour souhaiter une bonne course et PLEIN DE PLAISIR pour tous, merci aux bénévoles (plus de 600 !), et la bise à Odile évidemment.
Michel annonce le départ imminent après quelques mots de Gilles Bertrand. Le maestro de la course envoie Ameno dans de grosses enceintes, c’est le décompte, dix, neuf, huit…..trois, deux, un, partez !!!
Ces 45’ jusqu’aux fumigènes rouges et la chanson d’Era, c’est les meilleurs moments qui puissent exister dans le sport pour moi. Ceux qui oppressent la poitrine, font monter les pulsations, qui te mettent dans une sensation de manque….Je kiffe grave !!!

Millau – Peyreleau
Tom (Lorblanchet) est bouillant, et part comme un fou sur 200m. Je suis assez surpris de cette allure. La route est large, je reviens facilement. Les jambes répondent bien, je sais ma forme excellente. Je passe en tête et imprime mon allure. Un peu trop visiblement, car je me retrouve seul avec entre 30 et 50m d’avance sur ce gros peloton. Je n’ai pas allumé ma lampe car elle consomme beaucoup (mais éclaire beaucoup aussi), je regarde ma montre et suis régulier sur 3’45 avant que cela ne commence à monter. Je ne fais pas d’effort, loin de moi l’envie de rester seul devant. Cependant, je ne serais repris par Yan (Curien) qu’au début du chemin en terre montant bien plus fort, endroit ou j’allume ma lampe, ou plutôt mon « phare »
Je marche rapidement, cherchant à forcer le moins possible derrière Yan qui monte assez longtemps en courant. D’autres coureurs reviennent, mais je ne cherche pas à savoir qui c’est, bien décidé à faire MA course. Cà parle. Moi, je n’ai pas envie. Je reste dans ma bulle.
Au sommet, je suis avec Tom, dont j’informe un peu à l’avance le dernier S avant la barrière. Puis, c’est le début des grandes pistes. Erik (Clavery) se porte en tête à mes côtés. Le peloton est en train de reprendre forme, peloton comptant une trentaine d’unités. Les chemins s’enchaînent, les kms défilent. Je ne lâche jamais la tête de la course, bien décidé à montrer que je suis là. Jusqu’à Peyreleau, je n’aurais jamais été plus loin que la 3, 4 ème position. Plusieurs coureurs viennent tour à tour « me rendre visite » en première ligne, Tom, Sylvain (Court), Ludo (Pommeret, qui plaisante beaucoup), Martin (Reyt) et Fabien (Chartoire). Les kms sur le plateau seront courus autour de 15, 16 km/h.
Peu avant de basculer dans le ravin et de descendre sur Peyreleau, la large piste fait de nombreux S. Je zigzag, prenant la meilleure trajectoire, au plus court, anticipant de petites coupes par ci par là, puis un gros virage avec la complicité de Tom que je venais de prévenir. Ca va vite, très vite et nous sommes encore une vingtaine.
Le jours se lève maintenant. Nous sommes dans la descente, et là, sans aucune prévision, je me mets à bloc, sans aucune retenu. Tom, juste derrière m’encourage. Je me retourne, nous sommes quatre avec Bib (le surnom de Martin) et Sylvain. Et puis, cet endroit marque le début de notre « complicité ». Nous voilà au taquet. Au carton, prenant des risques incroyables, faisant des tout droit dés que c’est possible. Tom me double, je le redouble…les ischios sont entrain de charger. Arrivés à quatre sur la route, nous filons vers le ravito, content d’avoir fait en un rien de temps, un bon trou d’une bonne trentaine de secondes sur les suivants, bien plus sur d’autres encore.

Peyreleau – St André de Vezines
Il y a beaucoup de monde dés l’entrée de Peyreleau. Tom ouvre la route et rentre sans décélérer dans les barrières. Quand à moi, je le suis de très près. Autour du ravitaillement et de la zone de contrôle, c’est la cohue. Difficile de trouver les siens. Tom jette son coupe vent et sa ceinture. A peine dans les barrières qu’il file déjà dans la seconde section. Christine quand à elle est au point. Elle exécute mes consignes rapidement. Nous avons eu le temps de murir notre erreur de l’an dernier qui m’avais vu sombrer rapidement après. Je repars donc bâtons dépliés 10 sec derrière Tom, Bib et Sylvain avec moi.
500m plus loin, nous revenons sur Tom qui est remonté comme un coucou. C’est rapidement la montée au champignon préhistorique, la côte la plus sèche de tout le parcours. Chacun de nous quatre monte à son allure. Je prends la tête et monte seul, une cinquantaine de mètres devant Tom, Sylvain et Bib sont un ton au dessous dans cette ascension.
J’encourage Tom tout en lui expliquant comment sont les virages qui arrivent car il n’a pas reconnu cette montée. Ne voulant pas prendre trop d’avance, je temporise. Etre seul aussi loin serait un suicide. J’arrive seul en haut, échange quelques mots avec Serge Jaulin qui filme (et oui, encore un corrézien, nous avons même des liens de parentés !), et attends Tom. Je plie mes bâtons, les ranges dans mon sac. Tom, lui, relance déjà et va bien me faire souffrir. Je pensais que nous attendrions nos deux ex compagnons, mais Tom veux faire le trou. Je ne suis pas d’accord. Il va beaucoup trop vite. Je passe un bon kilomètre à une vingtaine de mètres. La descente très rapide m’a laissé des traces dans les cuisses. Un sursaut de volonté, je bouche le trou, et l’invite à ralentir. Pour tout dire, Tom m’impressionne, je ne pensais pas qu’il était déjà revenu à ce niveau là. Cependant, mes mots ont eu raison de l’allure et nous avançons un peu moins vite, mais toujours beaucoup trop vite. Kms après kms, j’annonce les difficultés, les virages, les cailloux…comme le ferait un co-pilote à son pilote.
Nous sommes en vu sur cette large piste, de St André, avec à une quarantaine de seconde, un maillot gris que nous pensons être celui de l’écossais. Tom m’en a parlé un soir au téléphone et pense qu’il peux être redoutable, surtout sur une fin de course.

St André – Pierrefiche
Une nouvelle fois, c’est Tom qui rentre en tête dans le village. C’est à nouveau un ravitaillement express. A peine sortis, Anne-So, femme de Tom, nous livre un impressionnant récital. En moins d’une minute et sans note, elle nous donne des écarts sur plus d’une dizaine de coureurs. Je suis bluffé, ça c’est des infos concises et précises. Pas de bla-bla, que du résultat. Pour moi, la course aurait du commencer ici.
Nous filons toujours bon train, et c’est bien Andy qui est 40 sec derrière. Malgré nos efforts, Andy rentre sur nous, progressivement. Dans la large piste montant sur Roque Altès, il est revenu à moins de 10 sec. En revanche, il semblerait qu’ensuite les écarts soient bien plus conséquents.
D’un coup d’un seul, je relance fort. Je place une « mine », tout en emmenant mon compagnon d’échappée qui comprends très vite que je ne souhaite plus le retour d’Andy.
Nous reprenons vite une bonne avance, plus d’une minute. Nous arrivons au rocher troué, puis c’est ce petit single tout en montant qui nous laisse à l’abris du regard d’Andy. S’en suit le plateau, puis la descente technique vers le château de Montmejean, avant de prendre la direction de la Roche St Marguerite. Dans ce single dominant la Dourbie, allant de balcon en balcon, tom doit s’arrêter quelques secondes pour un besoin urgent. J’avance doucement pour que Tom revienne assez vite, mais en cherchant Tom du regard, j’aperçois Andy. Il revient donc à nouveau sur nous, et il va nous reprendre cette fois, c’est sûr.
Tom me reprends dans la descente sur La Roque peu avant le fil de fer qui traverse le chemin. C’est la route qui surplombe ce troisième village. Peu avant le pont, je sors mes bâtons, car cette troisième montée va être décisive. Andy n’est plus qu’a 30 sec. Toujours l’un avec l’autre, nous commençons l’ascension. Tom doit rapidement marcher. Je suis assez facilement derrière lui, mais je ne peux me risquer à relancer : trop peur de sauter par la suite. Je préfère assurer pour aller le plus loin possible avec lui, et assurer ainsi une place sur la boite.
54 ème km, dans la seconde partie de la bosse, Andy nous a rejoint et se cale comme dernier wagon dans notre petit train. Mais je le sens facile. Il nous suit aisément.
Dés le sommet, il remonte au niveau de Tom, et voilà mes deux « Salomon Boys » à la relance, limite tirage de bourre. Je semble en faire les frais, décrocher à une bonne dizaine de mètres. Je sais le ravitaillement à tout juste deux kms. Aussi dans la bonne descente qui suit, je recolle sous les cries d’Olivier GUI, notre Team Manager chez Adidas, venu ici faire des photos. Voilà Pierrefiche, ça tombe bien car je commence à avoir le voile noir dans les yeux. Les ravitos se font moins express, et nous perdons une trentaine de secondes avec nos assistances puis dans la salle de contrôle.

Pierrefiche – Le Cade
Je suis dans le dur, même si j’aurais pu monter plus vite que Tom dans la bosse qui précédait. Heureusement que je suis resté callé derrière lui, car les sensations sont moins bonnes maintenant. Tom le sait, je ne le lui ai pas caché. Moins rapide que moi sur ce ravito, je l’attends à la sortie.
Mon but maintenant, rester avec lui sur cette partie assez facile jusqu’à la traversée de la Dourbie, avant la difficile montée vers le Mona. Je lui dis que je vais essayer de rester avec lui le plus longtemps possible afin d’assurer ma place sur le podium. Sa réponse me fais comprendre qu’il n’est pas top non plus, cependant nous repartons à une bonne allure.
Et Andy dans tout ça ?
Je pensais être ressortis devant lui. Mais Andy ne court avec rien. Pour lui, pas d’arrêt du tout au ravitaillement, et il est repartis 30 sec devant nous. Tom me le montre du doigt s’engouffrant déjà dans le chemin à la sortie du village. La victoire sur cette course semble nous échapper…
D’ici jusqu’au village du Mona, je suis constamment derrière Tom. Nous parlons beaucoup, ne cessant de nous encourager l’un l’autre. Mais Tom impose une allure plus que correcte, une allure qui doit nous permettre de garder notre avance sur nos poursuivants.
Une petite coupe avant la Dourbie, dans la partie boisée avant les canoës me permet de franchir le cours d’eau devant lui. De l’autre côté, je commence à sortir mes bâtons, car dés le pied du village, avec des jambes qui ont fait 66 kms ici, la montée est très vite difficile.
Dans les vieilles ruelles, quelques supporters de Tom lui donnent un écart :Andy est à 2’. Nous sommes surpris et nous nous voyons revenir sur lui. Tom, en grand compétiteurs qu’il est, voit la possibilité un temps perdu, de gagner à nouveau la course. C’est moi qui en fait les frais, toujours dans le dur. Je marche vite avec mes bâtons, mais je vois l’écart se creuser et Tom filer sans moi.
Je vais tout de même bien me battre. Le mental prend le pas sur les jambes, et peu après le pré aux ânes, je reviens sur Tom. Il semble payer fort son début d’ascension trop rapide. Nous nous accrochons dans cette difficile montée, et tentons de trottiner sur le faux plat montant, menant à la ferme du cade. Les rôles semblent s’être inversé, Tom est dans le dur, comme moi, mais plus que moi me semble t-il.

Le cade – Millau
Bon là c’est clair, ce n’est pas un ravitaillement express. Pour ma part, je reprends juste un gel Effinov, j’ai suffisamment d’eau avec moi. Je traverse la ferme et ressort, croisant Tom, appuyé sur une table avec Anne-So lui passant « un viron ». Elle le connaît tellement bien, qu’elle le force à manger plus qu’il ne veut J’attends Tom, on repars petite allure avec un écart que l’on nous annonce de 10’ au village du Mona sur nos poursuivants. L’écart devant est de 8’ en faveur d’Andy, la c’est cuit. En revanche, il nous faut rentrer à une allure moyenne pour assurer les deux marches du podiums restantes.
Mais comment allons nous finir. Nous avons souvent parlés lors de week-end passés en famille de notre côté hyper compétiteur à chacun. Nous avons toujours dis dans ces discutions que nous ne finirions jamais ensemble…. Mais là, en course depuis 70 kms après 6h d’efforts, avec la fatigue, dans une course que nous avons déjà gagné tous deux, les choses nous semblent différentes. Tom me propose très vite une arrivée ensemble. Je suis surpris, mais à la fois très content.
Dans la dernière portion sous le Puncho, je passe devant de temps en temps. Nous nous encourageons toujours. Je lui explique que Gilles (Guichard) et Christine m’attendent à 500m de la ligne avec un déguisement de templiers, heaume, bouclier, cape et épée. Puis, tout défile très vite. De très bons moments, même si la victoire nous a échappé à tous les deux. La grande descente, les lacets au dessus du domaine, puis les derniers centaines de mètres avec Tom, tous les deux mains sur l’épée pour partager notre arrivée et une seconde place…ex-aequo !!! De très bons moments.

Quelques jours après, nous nous sommes appelés du temps de midi, et ni l’un, ni l’autre ne regrettons avec du recul cette fin. Nous somme même plutôt heureux de l’accueil que vous nous avez tous fait. Merci.

 


08/10/2011

Très beau week-end en côte d'Opale.

posté à 22h51

C'est devenu comme une habitude. Quatre ans déjà, que le deuxième week-end de Septembre, je me rends à Wissant près de Calais dans le Nord pour le Trail de la Côte d'Opale.
Une habitude peux être, mais plus encore une véritable joie. Franck Viandier, chef d'orchestre de l'épreuve, est aussi devenu au fil des ans un ami. Les coups de fil, sms, mails entre nous sont courants tout au long de l'année. Venir courir sa course dans sa région est un grand plaisir pour moi. Les paysages, plages, dunes, monts, falaises, bunquers...sont tellement dépaysant. Tout les ans ce week-end est trop court...
Ceci dit, Franck a considérablement changé sa course. De 52 kms en 2008, 56 kms en 2009, 58 kms en 2010, la course fera 62 kms cette année. (il faut s'arrêter Franck!!!)
Le parcours arrivera à Wissant cette année et du coup, le tracé se déroulera en sens inverse.
Après une très bonne nuit dans une très belle chambre d'hôte face à la mère à Wimille, malgré le bruit des vagues (eh oui, on a pas ça en corréze!!), le samedi matin est consacré comme bien souvent à la reconnaissance des ravitaillements et de quelques chemins de course, puis à un petit footing pour faire les 15 derniers kilomètres.

Dimanche matin, beaucoup, beaucoup de vent. Il va falloir s'abriter , d'autant que le 62 kms et le 36 kms font course commune jusqu'à la fin du 36 kms justement. Le ciel est bien couvert, il y a du monde de partout sur cette plage de Wissant, 3000 coureurs, une belle fête du trail dans cette région.
Le départ donné, un groupe d'une vingtaine de coureurs se détache face au vent en direction du cap blanc nez. 5 kms de sable donc, je me cache comme je peux dans le groupe pour m'abriter. Il faut dire aussi que je ne détiens pas la forme de l'année passée. C'est volontaire de ma part afin d'être sur un pic de forme plus tard pour les Templiers fin octobre.
Peu avant le dixième kilomètre, nous ne sommes plus que quatre: Romuald de paepe et moi pour le 62 kms, et eux coureurs sur le 36 kms. Je ne prends pas la course à mon compte. J'ai peur de ne pas tenir la distance, et toutes les difficultés sont placées après la mi-course.
Les kilomètres s'enchaînent, j'ai du mal à suivre par moment, car l'allure dépasse aisément les 15 km/h. je m'accroche tant bien que mal jusqu'au retour à Wissant, 36 éme Km. Là, je prends mon temps et nous ne repartons plus qu'à deux avec Romu.
Quelle surprise quelques mètres plus loin lorsque nous rallions la plage en direction de cap gris nez cette fois. Eh oui, phénomène tout à fait normal, la marée monte.... et la bande de sable est bien mince avant les dunes ou les falaises. Comble de malchance, je me prends les pieds dans les fils d'un kite-surf, et perds une dizaine de seconde avant de décroiser les fils autour de mes chaussures. Devant moi, Romu n'a rien vu, et je dois faire l'effort pour vite revenir sur lui. C'est rapidement chose faite, peu avant de quitter la plage pour les premières difficultés.
A peine la première devant nous que je hausse l'allure, et crée un petit écart avec Romu. A la faveur d'une partie plus roulante, Romu recolle au pied de cap gris nez. C'est le moment ou j'en remet une encore plus forte. Je fais vraiment l'effort, et c'est avec 40" que je file dans la descente en direction de Shangatte, point le plus au nord de la course. Après plusieurs kms à 3'30 pour éviter le retour de Romu, Shangatte derrière moi, j'arrive au point du début de mon footing d'hier. Je prends confiance de plus belle et ne calcule plus mes forces, d'autant que cette partie finale, est le début du trail des années passées. C'est donc des chemins que j'ai couru tous las ans devant moi, dont cette superbe longue montée vers le mont de Sombre.
je poursuis mon effort, prends régulièrement des écarts. je vois bien que mon avance dépasse facilement les 3'.
La course est donc gagnée. Pour la première fois, je ne pensais pas revenir avec une victoire, mais c'est bien finalement une quatrième victoire en autant de participation, et un plaisir fou.
D'autant plus, et cette anecdote n'est pas fabulation de ma part, j'ai brisé la malédiction de L'i-phone. En effet, après un passage dans l'eau en course (eau salée!!) en 2008, mon téléphone est mort sur le coup. En 2009, je l'ai fais tomber de la voiture en mettant de l'essence ce week-end là, et la vitre s'est brisée. En 2010, en répondant à un journaliste à peine la ligne d'arrivée franchie, je me le suis fait subtiliser alors que je l'avais posé derrière moi pendant cette interview.
Cette année, mon téléphone est resté tout le week-end dans la voiture, je n'osais pas le sortir de peur qu'il m'arrive encore quelque chose.
Place maintenant à une grosse préparation passionnante pour être le mieux possible du côté de Millau pour la grande course des Templiers le 23 octobre prochain.

 


16/09/2011

TCO - Trail de la côte d'Opale

posté à 22h48

A force de se rendre depuis trois ans à Wissant pour cette épreuve du TTN, je n'ai pu m'empêcher d'y retourner car je suis là-haut un peu chez moi, et Franck VIANDIER l'organise trop bien. Donc avant un CR plus complet, voici l'article de la Voix du Nord du Lundi 13 Septembre 2011.

 


06/08/2011

Branceilles, retour à un 10 kms!

posté à 22h11

Enfin les vacances. Quinze jours seulement pour garder suffisamment de jours pour les longs déplacements du reste de l'année.
Avant de partir quelques jours, retour sur une course corrézienne que j'avais l'habitude de courir avant de commencer le trail. Un 10 kms, avec cinq bonnes côtes pour 130m de dénivelé, un tiers de course sur les chemins "caillouteux". Toujours un peu de monde, quelques vacanciers. Le record est toujours détenu par B.Itsweire en 30'59", mais la grande particularité de cette épreuve est que les vainqueurs homme et femme repartent avec leur poids en vin.
je me décide à courir dans l'après midi car avec tous ces trail, la vitesse de base a bien chutée. Les quelques séances de VMA courtes me l'on recemment confirmé.
Enfin bref, je ne vais pas faire le récit d'un 10 Kms. Mais c'est vraiment bizarre, ça va vite tout le temps. Fini les calculs, il faut se donner sans trop de calcul. J'ai misé ma course en usant les autres jusqu'à me retrouver seul, puis j'ai géré mon avance sur le deuxième cinq kilomètres.
Content de m'être imposé devant de jeunes coureurs, le second de Périgueux, Julien BEAUVAIS venant de courir en 32'45 il y a quinze jours.
Place maintenant aux vacances, à Millau avec les filles, agrémentées de quelques reconnaissances des Templiers. ça, c'est des vacances!!!!

 


16/07/2011

Monde de Trail au Connemara

posté à 15h36

Nous nous sommes retrouvés sur Paris le mardi soir avant la course, pour un décollage pour Dublin, très tôt le lendemain matin.
Arrivés dès 09h00 à Dublin, c'est en voitures de location, conduite à gauche, boîte automatique, que nous prenons la route vers Galway, puis Clifden, au centre ouest de l'Irlande aux portes du parc du Connemara.
Nous posons nos valises dans un des très nombreux B&B, appartenant à Maureen (quelques ressemblances avec Mme Doubfire!!). Bed and breakfast très sympa, spacieux et confortable. Thomas n'ayant pu honoré sa sélection, j'avais pour compagnon de chambré, "big moustaches" alias Philippe propage, entraîneur du team France.
Arrivés à Clifden vers 14h, repas dans un resto de la ville, petite sieste devant le tour de france (mais en anglais!), puis petit footing sur une partie du parcours entre le 44 et le 48 ème km du parcours avec Laurence et Erik. Footing de 40' sous la pluie, sur un chemin carrossable en bordure d'un grand lac, gorgé d'eau. Premier enseignement de ce footing, nous aurons les pieds trempés de bout en bout...
Le lendemain, le jeudi, avant veille de la course, c'est repos sportif pour moi. Aussi, avec quelques membres du staff, je fais une reco en marchand de la montée de Diamon Hill, première difficulté de la course que nous devrons gravir par deux fois en début de course. Nous sommes ici dans le célèbre parc du Connemara, site aménagé sur la commune de Letterfrack, car de nombreux visiteurs viennent faire la montée de ce petit sommet avec 400m de dénivelé. De nombreuses passerelles en bois car nous sommes dans une région ou la tourbe est omniprésente, et celle-ci est gorgée d'eau. La fin de la montée, dans le brouillard et sous la pluie ce matin là, est "pavé" avec de gros bloc de schiste, très glissant en montant, et très très dangereux pour redescendre. Les quelques gouttes qui sont tombées ont rendu ces marches hyper glissantes, de chaque côté de la tourbe, terre noir très foncé, ou l'on s'enfonce comme dans une éponge..., et de petites rivières coulent dés que le sol est plus meuble. Avec cette marche, nous avons pris conscience ce matin là, que le parcours roulant tant attendu depuis deux ans, ne serait plus, et que la course serait bien plus difficile qu'annoncée!! Mais nous n'avions encore rien vu...
Pour la veille de la course, je devais reconnaitre les 10 derniers km de la course. Mais Philippe Propage partit en éclaireur, nous interdit finalement de faire cette portion. En effet, dépourvue de chemin et même d'une quelconque trace, à travers champ de tourbes, rivières sans pont... c'est portion est beaucoup trop exigeante pour la veille d'un championnat, et je ferais finalement mon dernier footing sur la route autour du B&B avec de très bonnes jambes sur les lignes du reste.
La fin ce cette matinée se fera avec Erik, Manu et Maude à aller reconnaitre une partie du parcours avec un 4x4. il Manque un tout petit bout de reconnaissance à Erik qui a fait un stage de quatre jours fin mais avec le team Asics. Avec Manu, ils ont le parcours en tête et Erik maîtrise bien les cartes. Cette dernière reco va nous permettre de voir, après une belle piste montant à l'aller, dans quoi part le parcours. Nous arrêtons la voiture quand le balisage part sur notre gauche. Impossible d'aller plus loin, c'est de la tourbière, gorgée d'eau, glissante dans une herbe d'un mètre de haut. A l'horizon, un bouquet d'arbres. C'est la direction qu'il faudra prendre selon Erik, car le balisage est très light. L'après midi se passera entre cérémonie d'ouverture, repas et préparation des sacs pour les ravitaillements;

Enfin le jour de course. Réveil à 4h00 pour le petit déjeuner. Puis nous montons dans la navette qui nous emmène au départ à l'abbaye de Kylemore. Nous passons là la dernière heure avant le départ à 07h00. Nous avons de la chance, car des cinq hommes en course ce matin, toutes nos femmes ou compagnes sont là. certains ont même une grande délégation familiale, et nous en profiterons tous sur le parcours. Quelques minutes avant le départ, quad, hélicoptère, c'est la grosse effervescence, et la course va être filmée. C'est enfin le départ, sur une route reliant l'abbaye au village de letterfrack, ou sera jugée l'arrivée après une boucle en aller retour. Quatre kilomètres de route quasi plate avec quelques petits coups de cul. Trois coureurs prennent la poudre s'escampette, un canadien, un tchèque ainsi qu'un argentin. Derrière un groupe d'une quinzaine de coureurs avec tous les français. Je regarde plusieurs fois ma montre, nous sommes à 16 km/h. Devant, ils sont au moins à 17 km/h, et arrivent à Lettrefrack ave près de 45" d'avance sur nous. Après cette petite mise en jambe, nous devons monter, puis descendre par deux fois une boucle sur Diamon Hill (ce que j'ai reconnu il y a deux jours). J'ai vraiment de bonnes jambes sur ce début de course, et je remonte petit à petit, si bien qu'au sommet encore dans le brouillard aujourd'hui, je suis en troisième position. Le canadien fait la course seul en tête. Juste devant moi, un jeune norvégien. Je suis pourtant monté assez cool, et dans la descente qui suit, je temporise un maximum pour mes quadriceps. Je me fais donc doubler par une petite dizaine de traileurs dont Erik qui m'encourage. Je lui explique que je souhaite temporiser. Fin de la première boucle, douze kilomètres parcourus, premier ravitaillement éclair avec notre staff hyper dévoué, et super bien organisé. Erik possède 30" d'avance sur moi, et il est déjà repartit dans la montée de sa seconde boucle. Je lui emboite le pas, bien décidé à revenir sur lui dans la seconde montée, dans le but de partir à deux à la poursuite du canadien et des deux norvégiens qui à la faveur d'une grande descente, sont assez loin devant nous. Je reviens facilement sur Erik, le passe et poursuis l'ascension à mon rythme. Mais cette fois je redescend plus costaud ce qui fait que je pars sur l'aller retour seul. Derrière, hormis Manu dont ce n'est visiblement pas le jour, les autres sont dans le coup et nous nous tenons en guère plus de trois minutes. Au moment d'attaquer nos premiers champs de tourbières, le canadien est en tête avec 6' d'avance. Suivent les deux norvégiens 2' devant moi que j'aperçois de temps à autre. Après moi, Erik à 30", Patrick et Yann à 2'.
20 kms de passés, ces deux premiers kms dans les tourbières sont très instables. Mais les jambes encore fraîches, cela passe assez bien. On bifurque alors sur une large piste, carrossable en faux plat montant sur 3 kms. Je temporise pour ne pas revenir sur les deux norvégiens qui sont distant de 20". Au bout de cette piste, je suis revenu à quelques secondes d'eux, et Erik est quelques longueur derrière moi, avec un coureur Sud-Africain qui remonte fortement.
Cette fois, les parties compliquées sont à nos pieds. Nous quittons la piste et sur notre gauche, plus de chemins....rien que des champs de tourbes à perte de vue. Une herbe très haute. A peine on appuis du talon, et c'est la glissade. Le balisage est très fin (c'est à dire très espacé, de petites rubalise sur des piquets en fer dépassant à peine la cime de ces hautes herbes). il y a aussi de nombreuses rigoles très larges à passer. Quasi in-sautables, il arrive qu'on s'y enfonce au delà du genoux (si si, sans exagérer!!!). Bref, c'est de la folie. dans ces herbes, le Sud-Africain est revenu sur moi, et nous reprenons aussi nos deux norvégiens. Nous sortons de cette gadoue digne d'un cross et après une portion bitumée, c'est le ravitaillement du 30 ème. Ravito éclair pour moi, et je repars seul. Devant, on commence à voir le second sommet,Benbaun, le plus dur de la course à monter une fois de chaque côté, d'abord du côté le plus facile.
Sur la grande piste qui nous mène au bas, Erik me revient dessus, foulées puissantes, déterminé. Il relance un peu la course, et nous attaquons la montée tous les deux, Patrick Bringer pointe à 2' avec un des deux Norvégiens. Nous quittons la piste après avoir traversé une rivière large d'une dizaine de mètre, 30 cms de profondeur. Encore une mauvaise surprise, le début de l'ascension pour aller chercher le pied se fait encore dans des tourbières hyper grasses. Je trouve cette partie éprouvante, et je laisse le soin à Erik de mener. Puis la pente s'élève vraiment. Je sors mes bâtons et fait l'effort. Tout en haut, très loin devant nous, j'aperçois le Canadien qui décidément n'explose toujours pas.
Lors de sa reconnaissance, Philippe Propage nous a prévenu lors du briefing la veille, que plus on monte, plus la pente est dure.
Je commence à peiner à mi pente, Erik est à 20", Patrick revient fort. Je suis entrain de laisser beaucoup de force. Je ne peux que marcher. les b^tons ne servent à rien, car malgré une pente très forte, l'herbe, la terre fuit sous nos pieds. Quand aux bâtons, ils s'enfoncent de plusieurs centimètres dans la terre, et je ne peux pas vraiment prendre appuis. Pire, par moments, ils sont difficiles à sortir de terre. Les 100 derniers mètres dans un pierrier sont atroces. Nous arrivons tous les trois quasiment ensembles au sommet, sous les encouragements de Philippe. Pour moi, il était temps. Mais d'un autre côté, c'est cool d'être à trois pour "chasser" le canadien.
Après 500m passés sur la crête, voilà venu le temps de la descente. Ces moments là, resteront à vie dans ma tête. Il nous est impossible de rester debout, et nous descendons à moins de 10 km/h. En plus nous glissons, et ne faisons que tomber, avec de nombreux cailloux. A force de tomber, Erik ne se relève plus, et glisse sur les fesses comme à la neige sur plusieurs dizaine de mètres, au risque de finir sa glissade sur un caillou. Puis Patrick fera la même chose. Hallucinant!!!!
Avant la fin de cette longue descente, le Norvégien plus à l'aise reviendra sur nous. j'en profites et lui emboîte le pas jusqu'au bas. D'un autre côté, après cette montée et descente, je n'ai plus du tout les mêmes jambes. Je me suis moins bien alimenté depuis une bonne heure. A moins d'un kilomètre du prochain ravitaillement, Patrick relance sur une partie courable sur une large piste pleine de cailloux, Erik lui emboîte le pas. Moi, je suis scotché, et arrive au ravito une poignée de seconde après eux deux.
La portion qui nous attend est vraiment spéciale dans le sens ou, longue de 8 kms avant de revenir à ce même ravitaillement, on court en aller-retour sur une piste quasi plate et très humide en bord de lac. C'est donc l'occasion de se croiser et de voir le visage, la facilité ou la souffrance des coureurs qui nous précèdent ou qui nous suivent.
En sortant de se ravitaillement, Erik place une très grosse accélération auquel Patrick va essayer de répondre. Mais au bout de quelques centaines de mètres, Erik fait le trou, et part vitesse grand V. Je regarde ma montre, je cours sur 4'20 et suis bien lâché. Erik, à ce moment, doit courir sur des bases de 3'40 environ. Je sens que je suis en hypo, mais j'ai aussi mal au ventre depuis quelques minutes, et je ne peux boire. Au demi tour, l'avance du Canadien a fondu, et Erik revient fort sur lui. Patrick est 30" devant moi, pas au mieux non plus. Les écarts sont assez grand derrière nous, plus de 2' sur le Norvégien, ensuite c'est à plus de 5'.
Retour assez rapide au ravito du 48 ème avant la terrible montée sur Benbaun. Bien plus dur que dans l'autre sens. Mon hypo s'est accentué, je suis carrément mal maintenant, et j'ai pas le moral à l'idée de la difficulté qui m'attend. J'explose dès le pied. Je vois bien au loin dans la pente les coureurs qui me précèdent. Rapidement, je marche. Je vais même marcher près de 45'. Malgré l'écart important du demi tour, des coureurs reviennent sur moi, en marchant eux aussi, mais ils marchent bien plus vite que moi. Me passent tour à tour le Norvégien, un Italien, un Américain. Dans les derniers 100m, sous les encouragements de Philippe qui donne de la voix sans se ménager, je suis à la dérive. Par moment, je suis limite de basculer en arrière. Il faut s'aider avec les mains pour se hisser (il n'y a pas d'autre terme) après les touffes d'herbes pour gravir les derniers mètres. Le moral est dans les chaussettes (mouillé donc!!). En haut, enfin, Yann Currien est quelques mètres derrière moi. Je sais que d'ici peu, je n'aurais plus la lourde charge du classement par équipe qui se joue sur trois coureurs, et au cumul de temps sur ce championnat. Yann me passe dans les premiers mètres de la descente avec le 2nd italien qui nous laisse sur place, dévalant la pente hyper glissante comme un fou.
Une sorte de déclic va se produire à cet instant, car en me passant, Yann m'explique qu'il est pas bien non plus, et n'est pas sûr d'aller bien jusqu'au bout. Comme cela descend, je m'accroche à sa foulée. Nous tombons souvent, et sommes tous les deux limite crampes dans ces faux mouvements. Nous ne voyons plus l'Italien. Arrivés, sur la large piste, nous sommes à 15 km/h, mais sans se parler, la fatigue est trop présente. Yann relance souvent. Nous arrivons au dernier ravitaillement à 10 kms de l'arrivée, quand l'Italien sort de cette zone. Yann est plus rapide que moi, ravito très très express pour lui. Je repars 100m après. Je fais le forcing pour rentrer sur lui, mais il fait aussi le forcing pour ne pas que je rentre et du même coup reprendre le 2nd. Nous savons qu'il reste la portion de champ de tourbe la plus dur, avec vent de face cette fois, et en faux plat maintenant. A l'entrée, on s'enfonce déjà mi mollet, et Yann est pris par des crampes. Je le passe en cherchant un "passage" plus meuble en le contournant. Echange d'encouragements, et j'accélère voulant revenir au plus vite sur l'Italien qui est plus à la peine dans ces hautes herbes. Je le passe, avant de passer par dessus une clôture, et je me retourne. Yann est à 30". Nous marchons tous les trois pour sortir de cette portion. Puis c'est la large piste longue de trois kms. Je donne tous ce que je peux, les premiers pieds posés sur ce chemin qui répond aux appuis.
Arrivé à 3 kms de la fin, avant d'aller chercher le cimetière et la dernière difficulté de tourbière, nos femmes sont là, et leur cris d'encouragements font du bien. Julie, est heureuse de voir Yann juste derrière moi. Il est à peine à 5" de moi. Nous avons tous les deux envie d'être le troisième français, symboliquement pour le calcul des temps par équipe. J'en remets encore, et fais cette dernière portion comme un crossman. La descente sur une rivière avec prise de risque maximum. En remontant, je me retourne, et vois que cette fois, j'ai vraiment fais le trou. J'apprendrais plus tard, qu'au coin du cimetière, Yann est tombé une nouvelle fois dans l'herbe grasse, d'ou un écart aussi grand en si peu de temps. Moi, je n'en sais rien donc, et donne tout ce que je peux, relançant partout.
Enfin l'arrivée, en 6h57' . Erik a finalement remporté cette course, et cela me fait bien plaisir. Son travail de reconnaissance, et son investissement sportif ont payé. C'est un beau champion.
Yann finira 2'30 après moi, 8 éme. Nous sommes donc champion du monde par équipe. Ce n'était pas mon but premier. Mais c'est déjà ça.

 

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